Des fonds et un nouveau programme pour moderniser l’hôpital E. Herriot


« On va le faire ! », a assuré hier Gérard Collomb lors d’une conférence de presse sur le projet de modernisation de l’hôpital Edouard-Herriot. Il a annoncé que la Ville de Lyon et le Grand Lyon allaient mettre 40 millions d’euros dans cette restructuration. C’est dans les salons de l’hôtel-de-ville, en l’absence du directeur général des Hospices civils de Lyon - « pour ne pas le mettre en difficulté », selon le maire - que Gérard Collomb a présenté un énième nouveau projet. Car cette conférence de presse était l’occasion pour le président du Conseil de surveillance des HCL de reprendre la main sur ce dossier autour duquel les règlements de comptes se succèdent avec Nora Berra, la secrétaire d’État à la Santé ayant présenté son « plan secret pour HEH » il y a quelques jours dans un mensuel…

 

Le projet, présenté hier, diffère de celui esquissé devant la presse à la rentrée par Daniel Moinard, le directeur du CHU (lire Le Progrès du 13 septembre 2011). D’un montant de 80 M d’euros, ce « plan d’urgence », bâti autour de cinq lieux dispersés sur le site, a été écarté en septembre par le conseil de surveillance. Le nouveau programme prévoit deux tranches dont la première doit démarrer dès 2013. Il reprend l’esprit du grand projet de 2005-2007 mais de manière bien moins ambitieuse. La première tranche (2013-2017) s’élève à 120 M d’euros, la seconde (2020-2025) à 150 M. Et cette fois-ci, donc, Gérard Collomb assure que le budget pour financer la première tranche est réuni. Les HCL en financeront la moitié, la Ville de Lyon et le Grand Lyon 40 M - la somme qui sera demandée à chacune des collectivités n’a pas été précisée - et l’État 20 M. Cette subvention doit être accordée dans le cadre du plan Hôpital 2012 et bien que le gouvernement ait annoncé le report des projets de la deuxième tranche d’Hôpital 2012, cela n’inquiète ni Gérard Collomb, ni le P r Olivier Claris, président de la commission médicale d’établissement (CME) du CHU, car le ministre de la Santé se serait engagé à prioriser quatre-cinq projets dont HEH ferait partie. Le projet doit être soumis au vote du conseil de surveillance des HCL le 14 décembre. « Toute la communauté médicale est derrière », selon le P r François Mion, président de la CME de HEH, et celle-ci est aussi « rassurée que le président du conseil de surveillance s’engage » à ce point, selon le P r Claris. Serait-ce la fin de l’Arlésienne ?

 

Les urgences et la gériatrie en priorité

 

L’organisation pavillonnaire d’HEH n’est plus adaptée. Le projet, élaboré avec des consultants (Antares Consulting et Icade), est donc basé sur des regroupements, notamment celui des urgences. Elles seront rassemblées autour du pavillon N pour constituer un « trauma center » qui accueillera les urgences les plus lourdes des HCL. Après un démarrage des travaux en 2013, cette opération doit se faire en 2014. Elle sera suivie de la construction, à l’emplacement du pavillon voisin H, d’un bâtiment neuf de 15 000 m² regroupant les plateaux techniques. Une galerie reliera les deux bâtiments. La seconde tranche (2020-2025) est axée, elle, sur le regroupement des lits d’hospitalisation au sein d’un bâtiment neuf de 22 000 m², construit à la place des pavillons E et F. Outre le regroupement des urgences, le deuxième axe fort du projet médical, est la création « d’un pôle d’excellence universitaire en gériatrie ». Seront aussi développés un pôle multidisciplinaire de médecine et de chirurgie tourné vers l’ambulatoire ; un centre d’excellence sur la filière digestive et hépatique ; un pôle regroupant les transplantations rénales et pancréatiques ; enfin les missions de service public assurées à l’Hôtel-Dieu (centre IVG, addictologie, dépistage gratuit du VIH) seront maintenues. La réduction du nombre de lits ne s’accompagnera pas d’une réduction de personnels ont assuré le P r Olivier Claris. Gérard Collomb ajoutant : « On atteint la limite. On ne peut pas aller beaucoup plus bas sans désorganiser l’hôpital ».

 

Les différents projets

 

Années 90

 

Un projet de rénovation est écarté du schéma directeur immobilier lancé par Michel Noir.

 

2005

 

Un projet de 380 M d’euros prévoit de démolir 4 pavillons et de construire un bâtiment central de 50 000 m².

 

2007

 

L’État se désengage : abandon de ce projet en raison du déficit et de la dette des HCL.

 

2009

 

L’État finance de nouvelles études. Le projet est évalué à 500 millions d’euros.

 

Été 2011

 

Ce projet est réévalué à 800 millions d’euros.

 

Novembre 2011

 

Un plan de 270 millions d’euros est arrêté.


Source: Le Progrès
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